La technique de rajeunissement par injection de toxine botulique (Botox)
est la plus souple et la plus accessible, même aux personnes les
plus “réfractaires” à la chirurgie esthétique.
Qu'est-ce que la toxine botulique ?
La toxine botulique est issue d'une bactérie ayant la faculté
de paralyser les muscles. Sous forme d'une substance très diluée
et purifiée, elle est utilisée depuis les années
1970 en France par les ophtalmologistes et les neurologues. En effet,
ses qualités paralysantes permettaient aux ophtalmologistes de
soigner les spasmes faciaux en invalidant les muscles responsables de
ces contractures involontaires. De même dans la correction de certains
strabismes dus à des muscles hyperactifs.
C'est un ophtalmologiste canadien, le docteur Carrutthers, qui mit en
évidence que les patients traités à la toxine botulique
avaient moins de rides autour de l'oeil soigné que l'autre côté.
Très vite, par coquetterie, les patients ont d'eux-mêmes
demandé “l'harmonisation” des deux côtés
: l'indication esthétique était née de la pratique
sous la responsabilité du médecin. Aux Etats-Unis, au Canada,
en Angleterre et bien d'autres pays, la toxine botulique utilisée
dans le traitement des rides est devenue une pratique très courante.
En France, elle a obtenu, le 25 février 2003, l'autorisation de
mise sur le marché (AMM) pour les indications esthétiques.
Qu'attendre des injections de toxine botulique ?
Les injections du haut du visage, front, entre les soucils (rides du
“lion”) et au niveau de la “patte d'oie” donnent
des résultats spectaculaires. La peau se lisse et le visage est
plus détendu. Un effet de rajeunissement est nettement observé
par la neutralisation des rides d'expression. Les parties basses du visage
peuvent être traitées avec plus de précautions et
en association avec d'autres techniques : l'acide hyaluronique est plus
indiqué.
Comment agit-elle ?
La toxine fait perdre au muscle son tonus sans l'altérer : si
on arrête l'injection, tout redevient comme avant. Elle se fixe
sur la fibre musculaire et bloque les entrées de calcium, empêchant
ainsi le muscle de se contracter.
Quelles sont les précautions à prendre ?
Comme pour tous les actes médicaux, l'expérience du médecin
est la meilleure garantie d'un bon résultat.
Les ophtalmologistes sont depuis longtemps habitués à ce
produit et leur connaissance de l'anatomie du haut du visage est le complément
indispensable à la réalisation des injections. Les dermatologues
peuvent réaliser cet acte, ainsi que les chirurgiens plasticiens.
Quels sont les risques ?
Le produit n'est pas dangereux pour l'organisme, car la dilution est
infime.
La complication la plus grave est réversible : chute de la paupière
supérieure (ptosis) pendant quelques temps après
l'injection. Cela est rare.
Un autre effet indésirable peut être l'effet figé
si le praticien a injecté trop de produit. L'inverse est plus souhaitable,
car il est toujours possible d'ajouter un complément.
Comment se déroule l'intervention ?
Il n'y a pas de préparation particulière.
Les micro-injections sous-cutanées, réalisées sans
anesthésie, sont peu ou pas douloureuses.
Il n'y a pas de signe visible invalidant dans les instants qui suivent,
sauf rarement un petit hématome si un vaisseau sanguin a été
touché. Dans tous les cas, la vie sociale du patient n'est absolument
pas gênée.
Pendant quelques jours, aucun effet n'est visible et ce n'est qu'au bout
de 3 à 5 jours qu'il se manifeste et s'installe pour une période
de 3 à 6 mois.
Généralement, la première année, trois séances
sont conseillées. Au fil des ans, les séances s'espacent.
Y a-t-il des contre-indications ?
Elles sont peu nombreuses : la grossesse, l'allaitement et les maladies
musculaires.
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